Il se remit à son travail, mais la magie n’était plus là. Il était déconcentré. Cela n’avait plus vraiment d’importance car il ne restait que quelques ballotins à remplir. Madame Brainville franchit à son tour le seuil de l’arrière-boutique un sourire d’excitation aux lèvres.- Vite Jules, donnez-moi un panier à frou-frou! Des Américains …là, dans la boutique qui me demandent si nous avons un site Internet!Jules pivota, attrapa un des paniers sur la table derrière lui et le tendit à sa patronne. Des Américains à cette heure-là? Madame Brainville recula légèrement devant le mouvement brusque, puis le regarda excédée.- Mais, … avec des chocolats à l’intérieur. Voyons!- Euh, oui, bien sûr.Il n’y pouvait rien, après une longue période de concentration il lui fallait toujours un peu de temps pour retrouver ses esprits. Il eut honte.Il lui tendit à nouveau le panier, mais cette fois rempli. Elle s’en alla et il la vit offrir les chocolats au couple de touristes qui semblèrent ravis par la présentation originale du site.Valérie revint chercher un plateau de ballotins. Il se hâta de terminer son travail.Il porta lui aussi les plateaux jusque dans la camionnette frigo garée devant la boutique. Heureusement, à ce moment-là, il s’était arrêté de pleuvoir. Il fut impressionné par le nom du site écrit en grosses lettres brun foncé sur les parois blanches du véhicule et remarqua que quelques personnes dans la rue s’arrêtaient pour observer le manège du chargement. Il se sentit fier et vint saluer le chauffeur et le livreur que Madame Brainville employait pour l’occasion. Ils étaient en train d’étudier la tournée de livraisons qu’il leur faudrait effectuer avant la fermeture des bureaux et prêtèrent peu d’attention à Jules. Il entama néanmoins la conversation.- Qu’est-ce que vous en pensez? dit-il en pointant les feuillets du menton.- Ben, va pas falloir traîner en route… répondit le plus âgé qui devait avoir dans les cinquante ans.- Oui, c’est très important que tous les destinataires soient livrés aujourd’hui.- Et, là-dedans, il y a des particuliers? demanda l’autre qui devait avoir dans les vingt-cinq ans.- Euh, oui, il y a quelques journalistes qui travaillent à domicile. Pourquoi cette question?- Vous avez pensé aux digicodes? demanda le premier, soupçonneux.- Ouais, sans les digicodes, nous on peut pas livrer, enchaîna le deuxième. Alors, si vous avez pas les digicodes… Less
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